Article journal Point Eco 2014

DEPUIS SCHILTIGHEIM, CEVILOG VISION SYSTEMS (EXPERT DE LA VISION INDUSTRIELLE) ÉQUIPE LES USINES SOUCIEUSES D’AMÉLIORER LA QUALITÉ DE LEURS PRODUITS. INTERVIEW AVEC CHRISTIAN BRANDT.

Mon premier vérifie le diamètre, la couleur ou le bon emplacement de l’étiquette d’un objet jusqu’à l’échelle du micron. Mon second désigne des activités telles que la pharmacie, l’automobile ou l’agroalimentaire. Mon tout répond à « l’accroissement des cadences de production et des impératifs de qualité extrêmement poussés, pour lesquels le contrôle de l’œil humain ne suffit plus. »

Allez, la charade est dure, voici la réponse : les caméras de vision industrielle. Christian Brandt en a fait sa spécialité, après plusieurs années comme automaticien chez Gebo Cermex. Puis, chez Solu-Tech, il a suivi le développement de cette jeune technologie avant de fonder Cevilog Vision Systems en 2010. Sur les lignes de fabrication existantes ou lors de leur création, il installe et paramètre sur mesure ses caméras.

CEVILOG, DES CAMÉRAS INDUSTRIELLES POUR LA QUALITÉ

Christian Brandt précise : « En réalité, on devrait plutôt parler d’automates de vision, car ils prennent des photos de chaque produit pour l’analyser et le retirer de la chaîne en cas de non-conformité, précise ce passionné de photographie. Je travaille aussi avec des fabricants allemands de machines industrielles, très exportateurs. Du coup, la plus grande quantité de mes appareils se trouve aux États-Unis. »

Les technologies de Cevilog Vision Systems servent d’autres objectifs. « Elles aident le personnel à mieux régler ses machines et favorisent le compromis entre les exigences de qualité et les contraintes de production. L’aboutissement de la démarche étant d’obtenir très peu d’objets non conformes grâce à une amélioration continue, » poursuit Christian Brandt, qui emploie un salarié pour 800 000€ de CA en 2013. Un chiffre destiné à s’accroître avec l’apparition des caméras 3D, qui « répondent à des cas très particuliers non résolus par l’imagerie traditionnelle, comme la mesure de l’épaisseur d’un produit. »

CHRISTIAN BRANDT ÉTUDIE LES CAMÉRAS 3D

L’industrie agroalimentaire serait particulièrement intéressée. La caméra 3D, combinée avec d’autres systèmes de contrôle, autoriserait le contrôle de l’ensemble de la chaîne : la forme d’un petit beurre par exemple, sa bonne cuisson et son taux d’humidité et son épaisseur. Tout autant en vogue, les codes-barres uniques améliorant la traçabilité. « On parle de sérialisation, autrement dit le fait d’apposer un code unique sur chaque produit, chaque lot ou chaque série. Le monde pharmaceutique s’y intéresse pour lutter contre la contrefaçon. »

En parallèle, Cevilog Vision Systems étudie une solution standardisée destinée à de plus petites entreprises. Pour l’instant, il n’en existe pas avec des caméras infrarouges. Ces dernières servent à détecter la colle invisible à l’oeil nu et ainsi vérifier qu’une étiquette tienne bien en place ou que l’opercule d’un yaourt soit correctement fermé. Toutes ces technologies, Christian Brandt les teste dans ses nouveaux locaux, où il est installé depuis début 2014.